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Nourrir l’esprit des Fêtes – La charité alimentaire soulage-t-elle la faim?


À l’approche de la saison des Fêtes, les campagnes de collecte de nourriture battent leur plein. Il est facile de lancer des haricots en conserve, un pot de beurre d’arachide ou un emballage de macaroni au fromage dans la boîte de la banque alimentaire. Mais cela contribue-t-il réellement à réduire la faim dans nos communautés?

Commençons d’abord par clarifier certains termes. La « faim » est une sensation d’inconfort créé par un manque de nourriture.  L’« insécurité alimentaire » est un accès incertain ou inadéquat à la nourriture attribuable à des contraintes financières.  La pauvreté est la cause profonde de l’insécurité alimentaire. Les gens qui vivent cette insécurité :

•    s’inquiètent de ne pas avoir assez de nourriture;
•    n’ont pas accès à des aliments suffisamment variés ou de qualité;
•    réduisent leur consommation d’aliments et ont des habitudes alimentaires instables étant donné leur manque de nourriture. (C’est souvent dans cette situation extrême que le mot « faim » est utilisé alors qu’il s’agit en fait d’insécurité alimentaire grave).

L’insécurité alimentaire est un important problème de société et de santé publique en Ontario.  En 2013, 1,6 million de personnes dans la province, soit un ménage sur huit, n’avaient pas assez d’argent pour acheter de la nourriture. Cliquez ici (site en anglais) pour en savoir plus sur la façon dont on définit et mesure l’insécurité alimentaire au Canada.

Quelle a été la réponse au problème de l’insécurité alimentaire dans les communautés?

Devant l’érosion graduelle des programmes sociaux, divers programmes communautaires de banques alimentaires ont vu le jour. Il y a aujourd’hui des banques alimentaires dans chaque province et territoire parmi un réseau comptant presque 5 000 programmes alimentaires d’urgence, soupes populaires et autres programmes de repas ou collations.

La charité alimentaire fait partie du problème de l’insécurité alimentaire dans les sociétés aisées. Si elle permet de soulager la faim temporairement, elle ne réduit aucunement l’insécurité alimentaire. Voici les raisons pour lesquelles la charité est inefficace :

•    elle porte atteinte à la dignité des gens;
•    elle a une portée limitée – trois ménages sur quatre en situation d’insécurité alimentaire ne font pas appel aux banques alimentaires ;
•    les heures d’ouverture, le nombre de visites et la quantité de nourriture fournie sont limitées;
•    elle ne répond pas aux besoins quotidiens des gens en matière de bonne nutrition.

L’insécurité alimentaire est le symptôme d’un problème de revenu; il ne s’agit pas d’un problème qui peut être résolu par la redistribution de la nourriture par des organismes de bienfaisance, malgré tous les efforts pour améliorer le fonctionnement des banques alimentaires. Les banques alimentaires sont en fait contre-productives, car elles créent l’illusion que l’on s’occupe du problème dans la communauté.  Nous sommes tellement conditionnés à recueillir des fonds et encore plus de nourriture pour garnir les tablettes des banques alimentaires que nous perdons de vue la pauvreté qui est la cause fondamentale de l’insécurité alimentaire. La prévalence de la charité alimentaire dispense les gouvernements de leur obligation d’assurer la sécurité du revenu des Canadiennes et Canadiens, laissant un vide que tentent tant bien que mal de combler les organismes de bienfaisance.

Les médias perpétuent le problème en attirant l’attention sur les campagnes de collecte de nourriture. En faisant de ces campagnes une partie intégrante de la période des Fêtes, ils font de l’insécurité alimentaire une question de charité et non pas un enjeu politique, renforçant la perception de la charité alimentaire comme moyen acceptable, nécessaire et suffisant pour répondre au problème. Si l’on en croit les messages véhiculés par les grandes campagnes publiques de collecte d’aliments, la charité alimentaire améliorerait la vie des personnes qui font face à l’insécurité alimentaire. Les appels à l’action enjoignant les gens à « redonner à la communauté », à « participer à la lutte contre la faim » et à « se rallier à l’esprit des Fêtes » alimentent le vieil idéal philosophique de nourrir les pauvres. Les personnes en vue, telles que les politiciens et les célébrités, sont souvent sollicitées pour renforcer ces messages et nourrir l’appétit des médias.

Si la charité alimentaire ne règle pas le problème, quelle est la solution?

Tous les secteurs ont un rôle à jouer pour promouvoir la sécurité du revenu comme moyen efficace d’éliminer l’insécurité alimentaire.

Les médias pourraient appuyer des campagnes et faire des reportages qui mettent en lumière la cause profonde de l’insécurité alimentaire, soit la pauvreté. Ils pourraient traiter de l’établissement d’un revenu de base garanti, d’un salaire décent et de politiques sur le logement et les services de garde abordables.
      
Les particuliers, groupes communautaires et organismes peuvent soutenir les efforts « en amont », par exemple en :

•    adhérant, en faisant un don ou en donnant de leur temps bénévolement au Réseau canadien pour le revenu garanti;
•    en faisant un don ou donnant de leur temps bénévolement à des groupes œuvrant pour la réduction de la pauvreté à l’échelle locale, provinciale ou nationale, comme Abolissons la pauvreté ou Canada sans pauvreté;
•    en faisant un don ou en adhérant à un groupe qui fait la promotion de la sécurité alimentaire, tel que le Réseau pour une alimentation durable;
•    en rencontrant les politiciens locaux de tous les échelons de gouvernement et en communiquant avec eux pour leur faire part de leurs inquiétudes concernant le rôle de la charité en réponse à la sécurité alimentaire et les avantages potentiels associés à un revenu de base garanti;
•    en appuyant les campagnes et en signant les pétitions qui revendiquent une sécurité du revenu adéquate, des logements sociaux et services de garde abordables, de meilleurs services de santé mentale ainsi que des politiques alimentaires provinciales et nationales.
Les gouvernements provinciaux et fédéral doivent envisager des politiques qui améliorent la sécurité du revenu et réduisent les niveaux de pauvreté afin d’atténuer l’insécurité alimentaire.

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La Société ontarienne des professionnel(le)s de la nutrition en santé publique est la voix officielle et indépendante des diététistes professionnel(le)s œuvrant dans le système de santé publique de l’Ontario. Elle assume un rôle de leadership en matière de nutrition en santé publique en favorisant et en soutenant la collaboration entre ses membres pour améliorer la santé des Ontariens dans le cadre de la mise en œuvre des Normes de santé publique de l’Ontario.

Le groupe consultatif sur la sécurité alimentaire de la Société a rédigé un énoncé de position, accompagné d’un infographique, afin de sensibiliser la population au problème grandissant de l’insécurité alimentaire chez les ménages en Ontario et à la nécessité de demander des réponses adéquates face à ce problème. Depuis sa publication, l’énoncé de position a été officiellement appuyé par de nombreux organismes et particuliers. Si vous désirez appuyer cet énoncé de position, veuillez remplir ce formulaire.
 

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Guest
dimanche 22 octobre 2017
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